Press "Enter" to skip to content

Le tapis de douche, pour éviter la douche froide…

Il suffit parfois d’un simple faux pas dans une salle de bain pour faire basculer une vie.

Une glissade. Une fracture du col du fémur. Une hospitalisation. Une opération. Des mois de revalidation. Et parfois, une perte d’autonomie irréversible.

Pourtant, ce drame aurait souvent pu être évité avec des équipements coûtant à peine quelques dizaines d’euros : un tapis antidérapant, une barre d’appui, une poignée ergonomique, un siège de douche ou un simple revêtement sécurisé.

La question est donc brutale mais essentielle :

Pourquoi nos systèmes de santé financent-ils massivement les conséquences… mais si peu la prévention ?

La réflexion très pragmatique du sénateur Angus King

Cette question a été posée récemment de manière très directe par le sénateur américain Angus S. King Jr., représentant de l’État du Maine, dans une intervention relayée sur ses réseaux sociaux.

Avec humour, il explique être devenu une sorte de « distributeur de tapis de bain antidérapants » auprès de ses proches âgés.

Mais derrière l’anecdote se cache une critique très sérieuse du système de santé américain Medicare :

« Le système paiera pour une fracture de la hanche, mais il ne paiera pas pour une barre d’appui dans votre douche. C’est tout simplement insensé. »

Son raisonnement est redoutablement simple : quelques centaines de milliers de tapis antidérapants ou de barres d’appui coûtent infiniment moins cher que des milliers d’opérations, d’hospitalisations et de placements en institution.

Selon lui, une politique massive de prévention pourrait être rentabilisée extrêmement rapidement grâce à la diminution des chutes domestiques.

Et au fond, cette logique dépasse largement les États-Unis.

En Belgique aussi, nous soignons souvent trop tard

Le vieillissement de la population pose exactement les mêmes questions chez nous.

Nos systèmes de soins, mutuelles et politiques publiques restent encore très centrés sur la prise en charge après l’accident :

  • chirurgie ;
  • hospitalisation ;
  • médicaments ;
  • revalidation ;
  • aides lourdes à la dépendance ;
  • maisons de repos ;
  • soins à domicile.

Mais beaucoup moins sur la sécurisation préventive des logements.

Pourtant, les chutes représentent l’une des principales causes de perte d’autonomie chez les personnes âgées.

L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les chutes constituent une cause majeure de traumatismes graves chez les seniors et représentent un enjeu mondial de santé publique.

En Belgique, le coût humain est immense :

  • fractures ;
  • perte de mobilité ;
  • isolement ;
  • peur de retomber ;
  • entrée accélérée en institution.

Mais le coût financier l’est tout autant :

  • ambulance ;
  • urgences ;
  • chirurgie orthopédique ;
  • revalidation ;
  • aides sociales ;
  • adaptation tardive du logement.

Tout cela pour des situations qui auraient parfois pu être évitées avec quelques équipements simples installés à temps.

Une logique économique absurde

Le paradoxe est frappant.

Nous acceptons collectivement de financer :

  • des milliers d’euros de chirurgie ;
  • des semaines d’hospitalisation ;
  • des soins lourds ;
  • des médicaments coûteux ;
  • des infrastructures médicales complexes.

Mais investir préventivement :

  • 20 € dans un tapis antidérapant ;
  • 50 € dans une barre d’appui ;
  • 100 € dans un siège de douche sécurisé ;
  • ou quelques centaines d’euros dans une adaptation précoce du logement…

reste encore marginal dans les politiques publiques.

Pourtant, économiquement, la logique préventive est probablement l’un des meilleurs investissements possibles.

Quelques euros investis avant une chute peuvent éviter des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros de dépenses médicales et sociales.

Prévenir, c’est aussi préserver la dignité

Au-delà des chiffres, la prévention touche à quelque chose de fondamental : la qualité de vie.

Une chute n’est pas seulement un accident physique.

Très souvent, elle marque un basculement psychologique :

  • perte de confiance ;
  • peur de marcher ;
  • réduction des déplacements ;
  • isolement ;
  • dépendance accrue.

À l’inverse, un logement sécurisé permet de préserver plus longtemps :

  • l’autonomie ;
  • la mobilité ;
  • la liberté ;
  • et la dignité des personnes âgées.

Vieillir chez soi dans de bonnes conditions devrait devenir une priorité centrale des politiques de santé publique.

Et si les mutuelles finançaient réellement la prévention ?

La véritable question politique est désormais là.

Pourquoi ne pas imaginer :

  • des primes automatiques pour l’adaptation des salles de bain ;
  • des kits prévention distribués aux seniors ;
  • des remboursements renforcés pour les équipements de sécurité ;
  • des audits préventifs des logements ;
  • des campagnes nationales de prévention des chutes ?

Le coût initial serait probablement dérisoire comparé aux économies potentielles pour la sécurité sociale.

Mais surtout, cela traduirait enfin une autre philosophie :

investir dans la santé avant l’accident plutôt qu’après.

Et si, finalement, la véritable modernité de nos systèmes de soins consistait simplement à remettre le bon sens au centre des décisions ?

 

Liste des services mutuelle ergothérapie adaptation logement

Mutualité chrétienne (MC) — service Solival adaptation du domicile : 078 15 15 00.

Partenamut — service conseil en aménagement du domicile : 02 549 76 70.

Solidaris — service adaptation logement et ergothérapie : 078 051 319.

Mutualité Libérale — service ML MUTPLUS adaptation domicile : 02 778 92 11.

Mutualia — aides techniques et maintien à domicile : 087 31 34 45.

Helan — adaptation habitation et autonomie : 02 218 22 22.

Inscrivez-vous pour recevoir la première édition
du manuel "vieillir"

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Verified by MonsterInsights