Par Julos Beaucarne
J’aime ces gens étranges aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies, présentes ou bien passées
Vérités toutes crues remontant en marée
Quand les masques ont fondu, que la farce est jouée
J’aime ces gens étranges à la mémoire trouée
Qui échangent des bribes de leurs vies effacées
Voyageurs sans papiers sans qualification
Ils sont ce que nous sommes et nous leur ressemblons
J’aime ces gens étranges qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles, réclament l’amour vrai
Carburent à la tendresse, négligent tout le reste
Ils sont vérité nue, ils aiment ou ils détestent
J’aime ces gens étranges qui ont le mal d’enfance
Comme le mal du pays qu’ils chercheraient en silence
Derrière l’apparence de leur mémoire perdue
Leurs corps parlent une langue que nous n’entendons plus
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